Monsanto, les rongeurs et la fraude scientifique

Par André Ménache — 

Un ours blanc encarté à l’Ensemble zoologique de libération de la nature exprimait son mécontentement le 9 novembre à Bruxelles. Photo Emmanuel Dunand. AFP

Le scandale du glyphosate s’explique notamment par les tests sur les animaux : une méthode archaïque et peu fiable.

Contre l’expérimentation : André Ménache, vétérinaire; conseiller scientifique pour l’ASBL Suppression des expériences sur l’animal (SEA)

L’affaire Monsanto et du désherbant glyphosate ne révèle que le sommet de l’iceberg d’une politique de sécurité sanitaire scandaleuse qui nous concerne tous au quotidien. Il a fallu attendre près d’un demi-siècle (le glyphosate a été commercialisé par Monsanto sous la marque Roundup à partir de 1974) et l’accumulation de dégâts incalculables envers les victimes humaines et l’environnement pour enfin voir condamner la firme par la justice californienne.

Jusqu’à la victoire judiciaire le 10 août du jardinier Dewayne Johnson, atteint d’un cancer incurable, tous les fabricants de produits phytosanitaires pouvaient compter sur une formule astucieuse pour se sortir de ce genre de procès «ennuyeux».

Elle tient au fait que l’autorisation pour la mise sur le marché de tout produit phytosanitaire en ce qui concerne la sécurité sanitaire humaine se base largement sur des tests sur animaux, le rongeur étant le mammifère de référence.

Le fabricant peut ainsi s’appuyer sur le fait qu’il existe souvent des données animales contradictoires : il suffit de choisir la «bonne espèce» pour démontrer l’innocuité de quasiment n’importe quelle substance. Par ailleurs, très peu de données humaines sont disponibles (il n’existe aucun dispositif juridique obligeant un suivi systématique une fois un produit phytosanitaire commercialisé), ce qui rend encore plus difficile de prouver un lien de cause à effet entre un produit et une pathologie humaine.

Mais grâce aux Monsanto Papers, on sait que l’entreprise avait occulté plusieurs données, y compris une étude dans laquelle des souris exposées au glyphosate développent un cancer rare. En paniquant et en cachant cette étude et d’autres éléments, Monsanto a marqué un but contre son propre camp et s’est retrouvé condamné.

Mais quelle est la réelle signification des cancers observés chez la souris, vu que les tumeurs de ces animaux sont majoritairement des sarcomes alors que chez les humains, la majorité des cancers sont des carcinomes, donc très différents ? La vraie fraude scientifique va bien au-delà du procès contre Monsanto. Elle réside dans une politique de santé publique qui se fie toujours à des tests sur animaux, ce qui va à l’encontre de nos connaissances du XXIe siècle. On ne peut pas ignorer le fait que 70 millions d’années d’évolution séparent les rongeurs des humains, y compris pour leurs systèmes immunitaires.

Concrètement, quelle leçon peut être tirée de cette odieuse affaire ? La réglementation américaine (le Toxic Substances Control Act de 1976) est très claire à ce propos : la preuve du risque sanitaire ne doit pas incomber à la société civile et ne doit pas être réglée uniquement par le gouvernement. Ce fardeau doit être porté par l’industrie ou le fabricant souhaitant fabriquer ou commercialiser des agents chimiques. Il est évident qu’en l’occurrence l’esprit de la loi n’a pas été respecté.

La situation en Europe n’est guère meilleure. La politique de l’Union européenne est fondée a priori sur les principes de précaution mais en réalité elle favorise le risque au nom du commerce. Dans la réglementation Reach, même si une substance présente un risque pour la santé humaine ou pour l’environnement, l’autorisation peut être donnée s’il est prouvé que les bénéfices socio-économiques dépassent les risques générés par son utilisation et s’il n’y a pas d’alternatives appropriées.

Et pourtant, nous pourrions et nous devrions mettre en œuvre quelques mesures basiques pour changer de paradigme en matière de sécurité sanitaire. Il s’agirait dans un premier temps de remplacer l’exigence réglementaire de tester nos produits chimiques sur des animaux par des méthodes fiables et dignes des technologies du XXIe siècle. Et ensuite d’instaurer un dispositif de biosurveillance des populations vulnérables (femmes enceintes ou allaitantes, agriculteurs) et de tout salarié souhaitant un dépistage précoce systématique (par exemple, un bilan sanguin tous les ans dans le cadre de la loi du travail). Enfin, il faudrait nous diriger vers une politique remplaçant les produits toxiques par ceux respectueux de notre santé et de l’environnement.

André Ménache

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.










Arrêtez les transports longues distances d’animaux vivants

Cet état de fait dure depuis de nombreuses années. Des films tournés, le plus souvent en caméra cachée, ont montré le martyre enduré par ces

49 signatures = 5% de l’objectif

0
1000

Transports longues distances d'animaux vivants

Monsieur le Ministre,

**votre signature**



© Solange T\'Kint, asbl S.E.A. Suppression des Expériences sur l\'Animal - www.stop-vivisection.be

Partagez ça avec vos amis:

Demande d’une commission d’enquête au parlement fédéral.

En tant que citoyen(ne) belge et qu'ami(e) des animaux, je fais appel à vous afin que vous déposiez une proposition d'enquête parlementaire

166 signatures = 33% de l’objectif

0
500

Demande d’une commission d’enquête au parlement fédéral.

Chambre des représentants

**votre signature**



www.stop-vivisection.be

Partagez ça avec vos amis:

Signez la pétition

Pétition, exportations de moutons vivants d’Australie vers le Moyen-Orient

141 signatures = 28% de l’objectif

0
500

Exportations de moutons vivants d'Australie vers le Moyen-Orient.

Monsieur l\'Ambassadeur,

**votre signature**

Partagez ça avec vos amis:

Signez la pétition.

Lettre au fonds Léon Frédéricq qui attribue l’argent des généreux donateurs à l’expérimentation animale

134 signatures = 67% de l’objectif

0
200

Lettre au fonds Léon Frédéricq qui attribue l'argent des généreux donateurs à l'expérimentation animale

Madame Caroline MAZY, Monsieur Quentin Boniver.

**votre signature**

Partagez ça avec vos amis:

Pétition destinée au Télévie

Ce sont des expérimentateurs sur animaux qui sont ainsi financés et donc que des souris, des rats, des poissons, des moutons, des truies,...

663 signatures = 44% de l’objectif

0
1500

Pétition destinée au Télévie

Mesdames, Messieurs,

**votre signature**

Partagez ça avec vos amis:

Signez la pétition Yom Kippour

Les 08 et 09 octobre 2019, les croyants juifs fêteront le jour du grand pardon

144 signatures = 14% de l’objectif

0
1000

Pétition Yom Kippour

Nous nous adressons à vous à propos de la fête juive du Yom Kippour

**votre signature**



Veuillez agréer, Monsieur le Grand Rabbin, Monsieur Markiewicz, Madame l\'Ambassadrice, Monsieur le Consul, nos salutations distinguées.

Partagez ça avec vos amis:

Vous pouvez aider les animaux en aidant S.E.A. à lutter contre la maltraitance animale dans les laboratoires d’expérimentation.
Vous pouvez faire un don de 5 €, 10 €, 15 € sur le compte S.E.A. BE59 0682 0310 8226, rue des Cotillages 90, 4000 LIEGE
A partir de 15 €, vous devenez membre de S.E.A. et vous recevrez notre trimestriel pendant un an.
Tout don sera utilisé uniquement pour les animaux!









%d blogueurs aiment cette page :