DE GRANDES SOUFFRANCES POUR LES ANIMAUX DANS LES LABOS BRUXELLOIS – Statistiques 2020 !

La Région de Bruxelles capitale vient de publier les statistiques de 2020 relatives à l’utilisation des animaux d’expérience. En 2020, pour la seule Région de Bruxelles-Capitale, 55.688 animaux ont été utilisés à des fins expérimentales. Même s’il y a diminution du nombre d’animaux par rapport à 2019, celle-ci ne peut pas être vue comme une évolution positive pour les animaux mais simplement comme une conséquence de la pandémie du Covid qui a simplement entraîné un report de certains types de recherches. Il faut donc s’attendre à une augmentation des expériences sur animaux en 2021.

Les projets scientifiques pour lesquels ces animaux ont été utilisés en 2020 appartiennent principalement au domaine de la recherche fondamentale (69,81 % des animaux utilisés, c.a.d. 38.876 animaux), à l’utilisation réglementaire et à la production de routine (15,30 %, c’est-à-dire 7.850 animaux en 2020, donc une augmentation par rapport à 2019 : 11,07 % – 6.933 animaux) et aux recherches translationnelles et appliquées, notamment pour élaborer des produits (14,10%, c’est-à-dire 8.520 animaux en 2020, donc une augmentation par rapport à 2019 : 11,89 % – 7.448 animaux).

Les souffrances endurées par ces animaux sont laissées à l’appréciation des chercheurs eux-mêmes qui les qualifient de légères, modérées ou sévères.
Les expérimentations dites d’une « sévère gravité », c.a.d. provoquant de grandes souffrances, ont été pratiquées sur 11.238 animaux (utilisés principalement en recherche fondamentale). 20,18 % des animaux ont ainsi subi des expériences entraînant de grandes souffrances ce qui est largement supérieur à la moyenne européenne de 10 % !

La majorité des expériences menées en région bruxelloise sont pratiquées dans le domaine de la recherche fondamentale (69,81 % – 38.876 animaux). Les expériences les plus douloureuses sont en majorité pratiquées dans ce domaine (72,90 % des expériences dites « de gravité sévère » le sont en recherche fondamentale).

S.E.A. se pose la question de la pertinence de ce type de recherche qui consomme le plus grand nombre d’animaux et leur inflige de grandes souffrances.

Plus largement, la recherche basée sur le modèle animal est gangrenée par un manque de reproductibilité des modèles, une équipe de chercheurs n’arrivant pas à reproduire les résultats d’une expérience réalisée par une autre équipe. Il arrive même qu’un chercheur n’arrive pas à reproduire ses propres résultats antérieurs.
Le parcours de la recherche sur le cancer a été de guérir le cancer chez la souris, et ça n’a simplement pas fonctionné chez les humains. (Richard Klausner, ex-directeur de l’Institut national du cancer aux Etats-Unis).

Les citoyens, en tant que contribuables, financent une recherche dont l’utilité semble toute relative. En matière de souffrance, Bruxelles est le « mauvais élève » puisque la proportion des expériences entraînant de grandes souffrances y est supérieure à la moyenne européenne de 10 %.

Le ministre du Bien-être animal, Bernard Clerfayt, a consacré une partie du budget bruxellois au financement d’alternatives et c’est très bien. C’est cependant minime par rapport au financement global de la recherche qui va principalement à la recherche sur animaux.
Le remplacement de l’expérimentation sur animaux par des méthodes alternatives modernes ne recourant pas à l’animal est urgent. Seuls des contrôles, indépendants et non annoncés, dans les labos et l’intégration de la protection animale au sein des commissions d’éthique permettraient de mettre fin au huis-clos qui existe actuellement dans les labos ainsi que de veiller au respect de la directive européenne 2010/63 qui recommande le remplacement des animaux.

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